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Monstre du mois


"Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d'un autre [...] Sapere Aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières."
 (Emmanuel Kant / 1724-1804 / Réponse à la question "Qu'est-ce que les Lumières ?" / 1784)
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"Je ne crois pas au mystère, ce serait trop simple."
 (Jean Rostand / 1894-1977 / Pensées d'un biologiste)

"[L'humanité] ne renoncera aux illusions consolantes qu'à proportion qu'elle deviendra capable de s'en passer."
 (Jean Rostand / 1894-1977 / Ce que je crois)

"Je ne voudrais pas d'un paradis où l'on n'eût pas le droit de préférer l'enfer.
 (Jean Rostand / 1894-1977 / Pensées d'un biologiste)

"Moins on croit en Dieu, plus on comprend que d’autres y croient."
 (Jean Rostand / 1894-1977 / Inquiétudes d’un biologiste)
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"La raison, c'est l'intelligence en exercice ; l'imagination c'est l'intelligence en érection."
 (Victor Hugo / 1802-1885 / Philosophie prose, Océan)

"L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle."
 (Victor Hugo / 1802-1885 / Discours / 1850)

"Le soldat et le prêtre, ce sont les pires ennemis de l’humanité, car si le soldat tue, le prêtre ment."
 (Victor Hugo / 1802-1885)

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"Le christianisme a beaucoup fait pour l'amour en en faisant un péché."
 (Anatole France / 1844-1924 / Le jardin d’Epicure, 1894)

"Sainte mère de Dieu, vous qui avez conçu sans pécher, accordez-moi la grâce de pécher sans concevoir."
 (Anatole France / 1844-1924 / Sur la pierre blanche, 1905)

"- Comment expliquez-vous tous les fléaux qui sévissent sur l'humanité ? Pourquoi les famines, les inondations, les tremblements de terre ?
 - Il faut bien que Dieu se rappelle à nous de temps en temps..."
 (Anatole France / 1844-1924 / La révolte des Anges, 1914)
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"Écrasons l'infâme !"
 (Devise favorite de Voltaire contre l'intolérance religieuse dont il signait ses lettres en abrégé : Ecr.L'inf.)
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"La religion est le plus grand obstacle dont les hommes de progrès doivent tout d'abord débarrasser la route."
 (Emile Zola / 1840-1902)

"Depuis le premier jour, l'Eglise a pris et gardé la femme, comme l'aide la plus puissante de son oeuvre de propagande et d'asservissement. Mais, dès l'abord, un obstacle se dressait. La femme n'était-elle pas la honte et la perdition, une créature de dégoût, de péché et de terreur, devant laquelle tremblent les saints ? En elle, l'immonde nature a mis son piège, elle est la source charnelle de la vie, elle est la vie elle-même, dont le catholicisme enseigne le mépris. Aussi l'Eglise a-t-elle un instant refusé une âme à la bête de fornication, que les hommes purs fuyaient au désert, dans la certitude de succomber, si le vent du soir leur apportait la seule odeur de sa chevelure."
 (Emile Zola / 1840-1902 / Vérité / 1903
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Lumières





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19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 18:33
Bien évidemment, cet article ne parlera pas du Père Noël, mais du personnage Jésus et de l’œuvre Da Vinci Code de Dan Brown.

Depuis deux mille ans, des illuminés se sont inventé un Christ sauveur. Ils ont mis des siècles à peaufiner son histoire complètement insensée, ajoutant délire sur délire à chaque fois qu’une nouvelle contestation voyait le jour. Aujourd’hui encore, pour tous les chrétiens du monde, ce n’est pas le même christ, et pourtant on n’entend pas beaucoup d’appel de catholiques au boycott des orthodoxes ou de discours de protestants demandant qu’on brûle les exégèses catholiques.

Mais avec l’arrivée du Da Vinci Code, tous les chrétiens retrouvent un semblant de vigueur et d’unité, car un ennemi commun, ça crée des liens et de la motivation. Devant un livre, et maintenant un film, qui mettent en scène le personnage Jésus, partout dans le monde on a pu entendre des appels au boycott, des demandes d’interdiction du film et même (quel glorieux retour au passé traditionnel de l’Église !), un projet de bûcher pour le livre.

Pour un non-croyant, et tout simplement pour quelqu’un qui aime avoir des connaissances fondées sur des faits et non des croyances construites sur du vent, tout cela est fort comique. C’est comme si les créateurs du Père Noël (béni soit son nom) appelaient au boycott ou au bûcher pour un livre qui dirait que ce brave vieux ne mène pas seulement une vie de célibataire endurci amoureux des rennes, mais qu’il a aussi connu les plaisirs de la chair avec une Mère Noël, cet acte monstrueux (l’amour physique, quelle horreur !) ayant engendré un Bébé Noël.

Avant de dire que Dan Brown (dont l’œuvre n’a visiblement pas d’autre intérêt que celui d’être un divertissement à prendre comme tel) travestit la réalité, il faudrait être clair sur cette réalité. Quand on parle de Jésus, de qui parle-t-on ? La réponse est simple : il s’agit du Jésus des évangiles, car aucun autre écrit non contesté n’évoque un quelconque Jésus historique. Or, même dans les évangiles, il y a de nombreuses contradictions (voir l’excellent livre de Michel Gozard, Jésus ? Une histoire qui ne peut pas être de l’histoire) ; on peut donc en conclure que la probabilité d’existence du Jésus des évangiles est proche de zéro, et quand bien même il aurait existé, on a légitimement le droit de douter de ses miracles et de montrer que les évangiles (4 évangiles gardés sur les dizaines écrits à gauche à droite) se contredisent, parfois sur des points importants (voir Nativité chez Luc et Matthieu par exemple).

Alors, ajouter un autre évangile, selon Dan Brown cette fois, quelle importance ? Ce n’est, après tout, qu’une fable de plus. Une fable malheureusement moins plaisante et plus dangereuse que celle du Père Noël, célibataire ou marié...

Stéphane ARLEN
www.fairelejour.org
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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 12:17
Ce n’est pas un poisson d’avril : prier pour des malades inconnus n’aide pas à leur guérison :
AFP 31.03.06 : Une étude soutient que prier pour des malades inconnus, qui ont subi un pontage coronarien, n’aide pas à leur rétablissement et pourrait même entraîner des complications. Cette étude des effets thérapeutiques de la prière sur des cardiaques a été rendue publique par le American Heart Journal (AHJ), qui doit la diffuser dans son édition du 4 avril. Elle porte sur 1.802 patients observés de janvier 1998 à novembre 2000 dans six hôpitaux américains, selon la présentation de l’étude sur le site internet du AHJ. Les malades ont été répartis en trois groupes, le premier bénéficiant de prières, le deuxième n’en bénéficiant pas, tous deux ayant été informés qu’ils pourraient ou non faire l’objet de prières. Le troisième groupe de patients a reçu des prières et en a été informé. Trois congrégations religieuses, deux catholiques et une protestante, ont été chargées de prier pour "la réussite de l’opération chirurgicale et une guérison rapide sans complication" des patients, dont elles ont reçu le prénom et l’initiale du nom de famille. Or, les auteurs de l’étude n’ont trouvé aucune différence, dans les trente jours après le pontage coronarien, entre ceux qui avaient bénéficié de prières et ceux qui n’en avaient pas bénéficié. Ils ont en revanche montré que les malades qui avaient été informés qu’on priait pour eux avaient développé davantage de complications que les autres (59% contre 51%), dont une nouvelle attaque cardiaque (18% contre 13%), selon des chiffres cités par plusieurs quotidiens américains. Les auteurs ont expliqué ce résultat par le stress subi par des patients inquiets de se savoir "si malades qu’on avait recours à un groupe de prière", selon les mêmes sources. Cette étude de 2,4 millions de dollars a été principalement financée par la Fondation religieuse John Templeton, selon le New York Times. Elle n’évoque pas la portée de la prière personnelle ou de proches, et n’est pas destinée à "déterminer si Dieu existe ou s’il exauce ou non les prières", ajoute le AHJ.

Les croyants devraient donc économiser leur énergie : une prière n’a aucun intérêt salvateur, et l’on sait maintenant qu’elle peut même être nuisible. Par ailleurs, on peut considérer la prière comme stupide si l’on ne croit pas à une quelconque divinité, ou humiliante pour ces dieux éventuels : En effet, soit ils sont impuissants à faire ce que demandent les humains et dans ce cas ils se sentent humiliés ; soit il peuvent le faire mais ne le font pas par choix, et comme ils savent, en tant que dieux, ce qui est bon, ils ne peuvent a priori pas se tromper
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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 16:48
Ayaan Hirsi Ali, d’origine somalienne, est députée au Parlement néerlandais, membre du parti libéral VVD. Scénariste du film Submission, qui valut à Theo Van Gogh d’être assassiné par un islamiste en novembre 2004, elle vit sous protection policière.

Je suis ici pour défendre le droit d’offenser. J’ai la conviction que cette entreprise vulnérable qu’on appelle démocratie ne peut exister sans libre expression, en particulier dans les médias. Les journalistes ne doivent pas renoncer à l’obligation de parler librement, ce dont sont privés les hommes des autres continents.

Mon opinion est que le Jyllands Posten a eu raison de publier les caricatures de Mahomet et que d’autres journaux en Europe ont bien fait de les republier.

Permettez-moi de reprendre l’historique de cette affaire. L’auteur d’un livre pour enfants sur le prophète Mahomet n’arrivait pas à trouver d’illustrateur. Il a déclaré que les dessinateurs se censuraient par peur de subir des violences de la part de musulmans, pour qui il est interdit à quiconque, où que ce soit, de représenter le Prophète. Le Jyllands Posten a décidé d’enquêter sur le sujet, estimant - à juste titre - qu’une telle autocensure était porteuse de lourdes conséquences pour la démocratie. C’était leur devoir de journalistes de solliciter et de publier des dessins du prophète Mahomet.
Honte aux journaux et aux chaînes de télévision qui n’ont pas eu le courage de montrer à leur public ce qui était en cause dans "l’affaire des caricatures" ! Ces intellectuels qui vivent grâce à la liberté d’expression, mais acceptent la censure, cachent leur médiocrité d’esprit sous des termes grandiloquents comme "responsabilité" ou "sensibilité".
Honte à ces hommes politiques qui ont déclaré qu’avoir publié et republié ces dessins était "inutile", que c’était "mal", que c’était "un manque de respect" ou de "sensibilité" ! Mon opinion est que le premier ministre du Danemark, Anders Fogh Rasmussen, a bien agi quand il a refusé de rencontrer les représentants de régimes tyranniques qui exigeaient de lui qu’il limite les pouvoirs de la presse. Aujourd’hui, nous devrions le soutenir moralement et matériellement. Il est un exemple pour tous les dirigeants européens. J’aimerais que mon premier ministre ait autant de cran que Rasmussen.
Honte à ces entreprises européennes du Moyen-Orient qui ont mis des affiches disant "Nous ne sommes pas danois", "Ici on ne vend pas de produits danois" ! C’est de la lâcheté. Les chocolats Nestlé n’auront plus le même goût après ça, vous ne trouvez pas ? Les Etats membres de l’Union européenne devraient indemniser les sociétés danoises pour les pertes qu’elles ont subies à cause des boycottages.

La liberté se paie cher. On peut bien dépenser quelques millions d’euros pour la défendre. Si nos gouvernements ne viennent pas en aide à nos amis scandinaves, alors j’espère que les citoyens organiseront des collectes de dons en faveur des entreprises danoises.

Nous avons été submergés sous un flot d’opinions nous expliquant que les caricatures étaient mauvaises et de mauvais goût. Il en ressortait que ces dessins n’avaient apporté que violence et discorde. Beaucoup se sont demandé tout haut quel avantage il y avait à les publier.
Eh bien, leur publication a permis de confirmer qu’il existe un sentiment de peur parmi les écrivains, les cinéastes, les dessinateurs et les journalistes qui souhaitent décrire, analyser ou critiquer les aspects intolérants de l’islam à travers l’Europe.
Cette publication a aussi révélé la présence d’une importante minorité en Europe qui ne comprend pas ou n’est pas prête à accepter les règles de la démocratie libérale. Ces personnes - dont la plupart sont des citoyens européens - ont fait campagne en faveur de la censure, des boycottages, de la violence et de nouvelles lois interdisant l’"islamophobie".
Ces dessins ont montré au grand jour qu’il y a des pays qui n’hésitent pas à violer l’immunité diplomatique pour des raisons d’opportunité politique. On a vu des gouvernements malfaisants, comme celui d’Arabie saoudite, organiser des mouvements "populaires" de boycottage du lait ou des yaourts danois, alors qu’ils écraseraient sans pitié tout mouvement populaire qui réclamerait le droit de vote.

Je suis ici aujourd’hui pour réclamer le droit d’offenser dans les limites de la loi. Vous vous demandez peut-être : pourquoi à Berlin ? Et pourquoi moi ?
Berlin est un lieu important dans l’histoire des luttes idéologiques autour de la liberté. C’est la ville où un mur enfermait les gens à l’intérieur de l’Etat communiste. C’est la ville où se concentrait la bataille pour les esprits et les coeurs. Ceux qui défendaient une société ouverte enseignaient les défauts du communisme. Mais l’oeuvre de Marx était discutée à l’université, dans les rubriques opinions des journaux et dans les écoles. Les dissidents qui avaient réussi à s’échapper pouvaient écrire, faire des films, dessiner, employer toute leur créativité pour persuader les gens de l’Ouest que le communisme n’était pas le paradis sur Terre.
Malgré l’autocensure de beaucoup en Occident, qui idéalisaient et défendaient le communisme, malgré la censure brutale imposée à l’Est, cette bataille a été gagnée.
Aujourd’hui, les sociétés libres sont menacées par l’islamisme, qui se réfère à un homme nommé Muhammad Abdullah (Mahomet) ayant vécu au VIIe siècle et considéré comme un prophète. La plupart des musulmans sont des gens pacifiques ; tous ne sont pas des fanatiques. Ils ont parfaitement le droit d’être fidèles à leurs convictions. Mais, au sein de l’islam, il existe un mouvement islamiste pur et dur qui rejette les libertés démocratiques et fait tout pour les détruire. Ces islamistes cherchent à convaincre les autres musulmans que leur façon de vivre est la meilleure. Mais quand ceux qui s’opposent à l’islamisme dénoncent les aspects fallacieux des enseignements de Mahomet, on les accuse d’être offensants, blasphématoires, irresponsables - voire islamophobes ou racistes.

Ce n’est pas une question de race, de couleur ou de tradition. C’est un conflit d’idées qui transcende les frontières et les races.
Pourquoi moi ? Je suis une dissidente, comme ceux de la partie est de cette ville qui passaient à l’Ouest. Moi aussi je suis passée à l’Ouest. Je suis née en Somalie et j’ai passé ma jeunesse en Arabie saoudite et au Kenya. J’ai été fidèle aux règles édictées par le prophète Mahomet. Comme les milliers de personnes qui ont manifesté contre les caricatures danoises, j’ai longtemps cru que Mahomet était parfait - qu’il était la seule source du bien, le seul critère permettant de distinguer entre le bien et le mal. En 1989, quand Khomeiny a lancé un appel à tuer Salman Rushdie pour avoir insulté Mahomet, je pensais qu’il avait raison. Je ne le pense plus.

Je pense que le Prophète a eu tort de se placer, lui et ses idées, au-dessus de toute pensée critique.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de subordonner les femmes aux hommes.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de décréter qu’il fallait assassiner les homosexuels.

Je pense que le prophète Mahomet a eu tort de dire qu’il fallait tuer les apostats.

Il avait tort de dire que les adultères doivent être fouettés et lapidés, et que les voleurs doivent avoir les mains coupées.

Il avait tort de dire que ceux qui meurent pour la cause d’Allah iront au paradis.

Il avait tort de prétendre qu’une société juste pouvait être bâtie sur ses idées.

Le Prophète faisait et disait de bonnes choses. Il encourageait la charité envers les autres. Mais je soutiens qu’il était aussi irrespectueux et insensible envers ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui.

Je pense qu’il est bon de faire des dessins critiques et des films sur Mahomet. Il est nécessaire d’écrire des livres sur lui. Et tout cela pour la simple éducation des citoyens.
Je ne cherche pas à offenser le sentiment religieux, mais je ne peux me soumettre à la tyrannie. Exiger que les hommes et les femmes qui n’acceptent pas l’enseignement du Prophète s’abstiennent de le dessiner, ce n’est pas une demande de respect, c’est une demande de soumission.
Je ne suis pas la seule dissidente de l’islam, il y en a beaucoup en Occident. Et s’ils n’ont pas de gardes du corps, ils doivent travailler sous de fausses identités pour se protéger de l’agression. Mais il y en a encore beaucoup d’autres à Téhéran, à Doha et Riyad, à Amman et au Caire, comme à Khartoum et Mogadiscio, Lahore et Kaboul.

Les dissidents de l’islamisme, comme ceux du communisme en d’autres temps, n’ont pas de bom- bes atomiques, ni aucune autre arme. Nous n’avons pas l’argent du pétrole comme les Saoudiens et ne brûlons ni les ambassades ni les drapeaux. Nous refusons d’être embarqués dans une folle violence collective. D’ailleurs, nous sommes trop peu nombreux et trop dispersés pour devenir un collectif de quoi que ce soit. Du point de vue électoral, ici en Occident, nous ne sommes rien.
Nous n’avons que nos idées et nous ne demandons que la possibilité de les exprimer. Nos ennemis utiliseront si nécessaire la violence pour nous faire taire. Ils emploieront la manipulation ; ils prétendront qu’ils sont mortellement offensés. Ils annonceront partout que nous sommes des êtres mentalement fragiles qu’il ne faut pas prendre au sérieux. Cela n’est pas nouveau, les partisans du communisme ont largement utilisé ces méthodes.
Berlin est une ville marquée par l’optimisme. Le communisme a échoué, le Mur a été brisé. Et même si, aujourd’hui, les choses semblent difficiles et confuses, je suis sûre que le mur virtuel entre les amoureux de la liberté et ceux qui succombent à la séduction et au confort des idées totalitaires, ce mur aussi, un jour, disparaîtra.

Ayaan Hirsi Ali

Article publié dans Le Monde du 16/02/06
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8 février 2006 3 08 /02 /février /2006 11:55
Onze des seize pages du journal sont consacrées aux caricatures : outre les douze dessins du Jyllands-Posten, le journal propose d'autres caricatures des dessinateurs maison figurant Mahomet mais aussi des représen- rtants d'autres religions, ainsi que plusieurs textes d'analyse et de débat.
Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, explique cette démarche en page 2 du numéro : "Il ne faut pas blesser les croyants dans leur foi, nous disent les gens raison- nables et les négociants en yaourt qui crai- gnent le boycott. Nous sommes ouverts au débat. Mais, pour que le débat ait lieu, il faudrait auparavant que certains croyants ar- rêtent de blesser tout court ceux qui n'épousent pas strictement les mêmes convictions qu'eux. Et cessent de répondre au crayon et à la plume par le poignard et la ceinture d'explosifs."
Gérard Biard met sur le même plan les intégrismes de toutes religions : "Si la foi soulève des montagnes, ce sont des montagnes de cadavres." Il s'interroge : "Combien de livres et de journaux devrons-nous brûler pour que la soif des fanatiques religieux soit enfin étanchée ?"  "Charlie tente d'analyser la polémique et ses conséquences. Histoire de montrer que la liberté d'expression doit être plus forte que l'intimidation", écrit l'hebdomadaire. "La tolérance n'est pas l'indifférence", assure plus loin un de ses journalistes.
Le Monde 8 février 2006

Je n’ai pas trouvé Charlie Hebdo ce matin : si vous le trouvez, penser à moi !
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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 15:19
Et les croyants aussi : les intégristes de toutes les religions se détestent, mais ils détestent encore plus les non-croyants, la liberté de conscience et la laïcité. On assiste récemment à un timide rapprochement des monothéismes. Le vatican à condamner samedi dernier les caricatures de mahomet. Le conseil des évêques de France a rapidement suivi, (même Barbarin –évêque polémiste de Lyon- s’est fendu d’une déclaration). C’est revenir sur le délit de blasphème, celui là même qui a condamné cette (sublime) affiche l’année dernière en France. En ce sens, le Conseil français du culte musulman va porter plainte contre France-Soir pour avoir publié les dessins. Mais de qui se moque-t-on ? En clair, les organisations musulmanes de France nous expliquent qu’elles respectent la liberté d’expression à condition qu’on ne dise rien de mal sur le Coran, Mahomet, l’islam et les musulmans. Grâce à ces braves gens respectueux de la liberté d’expression, on n’aurait donc plus le droit de dire que le Coran contient des appels au meurtre, que Mahomet, chef de guerre, a du sang sur les mains, et que beaucoup de musulmans dans le monde (les images qui passent sur toutes les chaînes de télé nous le prouvent s’il en était encore besoin) souhaitent imposer leur vision musulmane du monde par la force. Des hommes ont lutté contre l’Église catholique, contre le nazisme, contre le communisme façon Staline et Pol Pot, nous avons dû voter Chirac pour ne pas avoir Le Pen, et maintenant des fascistes islamiques voudraient nous empêcher de penser et de parler librement ?
Comme le dit Hervé Le Tellier dans Le Monde:
«Est-on libre de porter atteinte aux croyances ? Non, disent les religieux, de toutes les religions. Ils ont mille fois raison, aussi sûr que la Terre est plate.»

Je reprends en italique un large extrait d’un article de Stéphane Arlen à lire, et surtout pour les témoignages qui suivent.
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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 00:00
Sans être jamais allé dans un pays musulman, j’ai toujours admiré les savantes arabesques qui décorent les mosquées. De Cordoue à Ispahan et de Samarcande au Caire ces frises aux dessins élégants parent tous les chefs d’œuvre de l’art musulman. Je me suis alors demandé pourquoi cette religion proscrivait l’image pieuse, au contraire des catholiques prolixes en jésus sanguinolents et autres marie larmoyantes. Cette religion a la phobie des images, qui est considérée comme qquechose de néfaste, voire maléfique. Ce qu’on reproche aux images, c’est d’imiter la vie, d’imiter dieu. L'image est toujours une imitation incomplète, sans âme et donc mensongère. Le wahhabisme (Arabie Saoudite) est encore plus simplificateur : puisque le prophète n’aime pas les images, il est du devoir de tout croyant de les détruire & de les faire disparaître ; et l’on en arrive à la destruction des bouddhas de Bamiyan par les copains du molha Omar.
Il n’y a donc pas de tabou particulier concernant mahomet. Il existe une peinture & des manuscrits abondamment illustrés racontant la vie du prophète (celui de Herat du XIV siècle par exemple, conservé à l’université d’Edimbourg).
Les débordements incroyables dans le monde entier (comme cette londonienne qui appelle à un 11 septembre imminent pour l’Europe), cette mobilisation mondiale, on aurait préféré la voir pour condamner les crimes (égorgement d’otages par exemple) commis par ces dévots au nom de dieu miséricordieux.
A ce sujet, lire l'article : Questions aux musulmans qui ont manifesté violemment...
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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 19:51
À l’origine de l'affaire, un écrivain danois, auteur d'un ouvrage sur la vie du prophète, s'interroge sur les réticences des dessinateurs à illustrer son livre. Il y voit l'un des effets de l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, abattu fin 2004 par un jeune islamiste d'origine marocaine. Le quotidien conservateur Jyllands Posten, tiré à 160 000 exemplaires, lance alors un appel aux dessinateurs danois. Douze d'entre eux y répondent. La série «Les visages de Mahomet» sort le 30 septembre.L’article est repris quelques jours plus tard par le magazine chrétien norvégien Magazinet. Les réactions du monde musulman ne se font pas attendrent : le tollé est général, les ambassadeurs sont rappelés à l’ordre, le Parlement jordanien condamne publiquement les publications, et des appels sont même lancés pour boycotter les produits danois & norvégiens… Même le ministre irakien des Affaires étrangères a convoqué mardi dernier l'ambassadeur du Danemark, pour lui communiquer "la condamnation" de son gouvernement ; ils n’ont vraiment rien d’autre à faire en Irak !? (je vous passe la litanie des fatwas & autres cris de morts contre les scandinaves).
Surprises, les autorités danoises manifestent publiquement leur embarras, tout en défendant la liberté d’expression, notion inconnue dans la quasi-totalité des pays musulmans. Les rédacteurs en chef des journaux incriminés expriment leurs regrets s’excusent, tout en réaffirmant eux aussi leur attachement à la liberté d’expression.
Outre cette liberté, essentielle en démocratie, il en est une autre, qui n’est pas pour nous déplaire et que nous jugeons indispensable : celle de blasphémer. Le blasphème c’est rappeler des vérités qui fâchent, comme de dire que le suaire de Turin est un vrai canular et que le prophète aimait les petites filles (il a dépucelé sa 5ème femme quand elle avait 9 ans). Le blasphème cela fait du bien (Ô oui !) et puis les religieux eux-mêmes n’arrêtent pas de le faire vis-à-vis des autres religions. Pour en revenir aux scandinaves, il n’y avait ni blasphème ni provocation. Mais je crois qu’il faut s’élever publiquement devant la réaction immodérée des islamistes pour marquer la limite de leur bêtise et leur répondre que leur vision du monde ne concerne qu’eux. Comme disait Onfray, «mon athéisme s’active quand la croyance privée devient une affaire publique».

Lire aussi l’excellent article de S. Arlen sur cet affaire


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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 18:07
En Egypte, une fatwa a déclaré qu'il n'est pas permis d'avoir des rapports sexuels entièrement nu (AFP 8 janvier 2006)... On pourrait rire d’une telle connerie, mais les fatwas font de plus en plus de victimes dans des pays où la misère des masses et l’incurie des gouvernants favorisent le recours à l’obscurantisme religieux. Les fondements puritains des textes fondateurs sont facilement interprétables pour qui veut faire croire que le salut de l’âme réside dans une pieuse pudibonderie (rappelons que Mahomet était un pédophile polygame).
Pendant ce temps à Rome, M. Ratzinger vient de pondre sa première encyclique : sujet l’amour. Il y insiste sur le caractère trompeur de l'amour lorsqu'il est «rabaissé au simple sexe» ; que les rapports sexuels doivent être encadrés par la morale chrétienne et s'accomplir dans le mariage. Que sait-il de l’amour, lui qui a fait des vœux contre-nature : l’abstinence ?!
Tous ces perturbés du callebut ont pour but la culpabilité sexuelle, et le dégoût du corps qui en résulte. Le peuple est d'autant mieux dirigé que, convaincu qu'une faute a été commise ou que sa soumission aveugle s'impose à la divinité, il ne devra son salut qu'à la prière, la mortification et l'expiation. Pour orchestrer ces sermons, rien ne vaut des textes présentés comme divins accompagnés des paroles infaillibles des dictateurs romains ou de fatwas qui confinent à l'obsession du licite et de l'illicite.
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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 17:36
Le film qu'il ne faut pas manquer :
Le secret de Brokeback mountain. Lion d'or à Venise & encensé par la critique française & internationale, il est pourtant  mis à l'index par certains. Allez donc comprendre : Les évêchés étasuniens ont vivement déconseillé à leurs fidèles de voir le film ! C'est pas l'amour comme ils le concoivent. Anatole France disait : "Sainte mère de Dieu, vous qui avez conçu sans pécher, accordez-moi la grâce de pécher sans concevoir." Pourtant, Brokeback c'est bien de l'amour , et du plus beau !
Pendant que j'y pense : il y a un autre film sévèrement condamné par le Vatican : Da Vinci Code, qui sortira en FRance au début de l'été 2006. Moi qui n'avait franchement pas du tout envie d'y aller, cela me motive grave de le voir. L'index c'est le plaisir.......
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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 09:53
             Ir             (ir) verbe
Mourir avant d'avoir rangé ses affaires.

«[…] On allait à Veules-les-Roses. Maman tricotait nos fréclets dans le train. Elle obrisaillait et veillait bien à ce qu’on ne jette pas nos gyasebs par la fenêtre. Dès qu’on arrivait sur la plage, avec mon frère on subissait la batana des cousins qui tchernuzissaient dans les algues. Maman & tante Monique clichemurnaient à tour de rôle. Parfois Mémé nous accompagnait. Telle une létidatopistagine, elle restait assise sur les galets et se plaignait de wagadir. Mémé a i à Veules-les-Roses. Après on a préféré Etretat.»

-IN LE BALEINIÉ 2-Le Seuil Paris 2005
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