
À l’origine de l'affaire, un écrivain danois, auteur d'un ouvrage sur la vie du prophète, s'interroge sur les réticences des dessinateurs à illustrer son livre. Il y voit l'un des effets de l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, abattu fin 2004 par un jeune islamiste d'origine marocaine. Le quotidien conservateur Jyllands Posten, tiré à 160 000 exemplaires, lance alors un appel aux dessinateurs danois. Douze d'entre eux y répondent. La série «Les visages de Mahomet» sort le 30 septembre.L’article est repris quelques jours plus tard par le magazine chrétien norvégien Magazinet. Les réactions du monde musulman ne se font pas attendrent : le tollé est général, les ambassadeurs sont rappelés à l’ordre, le Parlement jordanien condamne publiquement les publications, et des appels sont même lancés pour boycotter les produits danois & norvégiens… Même le ministre irakien des Affaires étrangères a convoqué mardi dernier l'ambassadeur du Danemark, pour lui communiquer "la condamnation" de son gouvernement ; ils n’ont vraiment rien d’autre à faire en Irak !? (je vous passe la litanie des fatwas & autres cris de morts contre les scandinaves).
Surprises, les autorités danoises manifestent publiquement leur embarras, tout en défendant la liberté d’expression, notion inconnue dans la quasi-totalité des pays musulmans. Les rédacteurs en chef des journaux incriminés expriment leurs regrets s’excusent, tout en réaffirmant eux aussi leur attachement à la liberté d’expression.
Outre cette liberté, essentielle en démocratie, il en est une autre, qui n’est pas pour nous déplaire et que nous jugeons indispensable : celle de blasphémer. Le blasphème c’est rappeler des vérités qui fâchent, comme de dire que le suaire de Turin est un vrai canular et que le prophète aimait les petites filles (il a dépucelé sa 5ème femme quand elle avait 9 ans). Le blasphème cela fait du bien (Ô oui !) et puis les religieux eux-mêmes n’arrêtent pas de le faire vis-à-vis des autres religions. Pour en revenir aux scandinaves, il n’y avait ni blasphème ni provocation. Mais je crois qu’il faut s’élever publiquement devant la réaction immodérée des islamistes pour marquer la limite de leur bêtise et leur répondre que leur vision du monde ne concerne qu’eux. Comme disait Onfray, «mon athéisme s’active quand la croyance privée devient une affaire publique».
Lire aussi l’excellent
article de S. Arlen sur cet affaire
